Un décalage entre reconnaissance critique et succès commercial
Le film "The Road", adapté du roman de Cormac McCarthy récompensé par un Pulitzer, reste un exemple énigmatique de décalage entre reconnaissance critique et succès commercial. Porté par Viggo Mortensen, qui avait marqué les esprits dans "A History of Violence", et coécrit par McCarthy lui-même, le long-métrage a généré seulement 27 millions de dollars de recettes mondiales pour un budget de 25 millions.
Charlize Theron, créditée à l'affiche, n'apparaît que brièvement en flashbacks.
Accueil critique et réactions
Malgré un accueil positif de la critique, avec un score de 74 % sur Rotten Tomatoes, le film a déçu les attentes.
Certains critiques soulignent des aspects négatifs, notamment :
- Don Shanahan d'Every Movie Has a Lesson évoque une tonalité "pénible" où "l'innocence et l'espoir sont absents".
- Deborah Ross du Spectator juge que la "punition" narrative imposée au spectateur n'est pas compensée par un dénouement suffisamment réjouissant.
Cependant, le contraste entre la détermination du père et l'optimisme du fils reste un point fort du film.
Comparaison avec "No Country for Old Men"
Comparé à "No Country for Old Men", une autre adaptation de McCarthy, le fossé est abyssal. Ce dernier film a engrangé plus de 171 millions de dollars et remporté quatre Oscars, dont celui du Meilleur Film.
L'absence de séquences d'action spectaculaires et un rythme lent ont probablement compliqué la promotion de "The Road". Sans le soutien d'une campagne aux récompenses prestigieuses, le public a peut-être évité de revivre une expérience aussi exigeante que le livre.
L'adaptation cinématographique reste fidèle à l'univers brutal et nihiliste des romans de McCarthy, avec une fin légèrement plus optimiste que le texte original. Si certains spectateurs, comme le rédacteur, ont apprécié la version filmée presque autant que le livre, le défi de porter un récit si sombre à l'écran semble avoir été sous-estimé.